La tristesse

La tristesse comme fuite de l'instant présent

Une émotion en dehors de l’instant présent.

Lorsque je suis triste à la perte d’un être cher, je repense à tous les moments que nous avons vécu ensembles. Mes pensées s’égarent alors dans le passé.

Lorsque je suis triste à l’idée de ne plus le côtoyer pour les temps à venir, je quitte le moment présent, pour me réfugier dans un avenir perdu, qui n’existe plus. C’est un non-temps, imaginaire, qui me permet uniquement de nourrir mes larmes.

A ces pensées je m’interroge : peut-on réellement vivre sa tristesse tout en restant bien amarré à l’instant présent ? Cette émotion ne nous pousse-t-elle pas sans arrêt à changer d’époque, à fuir le moment présent ?

Lorsque je ramène ma conscience à l’instant présent, tout est à sa place.

Rien ne peut me manquer si je n’ai pas d’élément de comparaison me ramenant à un autre temps.

Etre uniquement suspendue à chaque goutte d’instant, émerveillée par la fluidité qui émane de toute vie.

Quitter les ruminations mentales qui nous accrochent à un instant hors du temps, qui nous font perdre des moments précieux en nous égarant à contretemps de la vie elle-même.

La vie est fluide, la nature est bonté, la confiance en la terre qui me porte m’offre la sécurité et la joie en chaque instant.

S’offrir au présent dans son entièreté, être à ce que l’on fait sans fuir dans des pensées hors-temps. C’est se reconnecter à ce qui vibre en nous, en écho à mère nature.

Retrouver l’émerveillement devant toute chose et la joie en chaque action, c’est se relier à ce que l’on est vraiment. Tout.