Se libérer de la culpabilité

Comment se libérer de la culpabilité ?

 

Bien souvent dans notre éducation on nous apprend à faire des choses pour « faire plaisir », on nous compare aux autres, l’objectif est d’être mieux : avoir de meilleures notes, se démarquer. Ce référentiel est toujours à l’extérieur. Pour être heureux.se et savoir qui je suis, est-ce que je dois répondre à ces critères prédéfinis, qui ne m’appartiennent pas ?

Lorsqu’on prend conscience que quelque chose ne nous convient pas dans notre existence, que l’on a besoin de se recentrer un peu en soi pour se réaligner, ce qui pointe bien souvent le bout de son nez, c’est la culpabilité. Si je prends un temps pour moi, c’est du temps que je ne passerai pas avec mes enfants, mon compagnon, c’est du temps que je ne passerai pas à travailler sur ce document important… Et entre alors en jeu cette balance imaginaire qui nous fait croire que ce que l’on prend pour soi, on le retire aux autres. Mais cette croyance limitante ne prend pas en compte l’autonomie et la responsabilité de vos proches.

Que vont faire mes enfants si je m’accorde 15 minutes pour prendre soin de moi ? Ils vont s’ennuyer, être malheureux et penser que je les abandonne… Ah ce cher mental aime se sentir responsable de tout et de tout le monde, cela permet de se sentir important ! Mais c’est si lourd à porter sur la durée. Et vos enfants : ne pensez-vous pas qu’ils apprécieront autant que vous d’avoir un moment de tranquillité pour pouvoir se plonger dans leur monde imaginaire ?

Un mot sur l’ennui : on le fuit à tort car c’est en réalité une magnifique opportunité de se rencontrer soi-même, et ce dès l’enfance. Alors laissez vos enfants s’ennuyer : ils gagneront en autonomie, en capacité d’initiative et en connaissance d’eux-même! L’ennui nous pousse à faire face à ce qui nous anime de l’intérieur, à expérimenter ce qui nous appelle en étant libéré du regard des autres. Est-ce que j’aime réellement faire cette activité ou est-ce que c’est en vérité un moyen de rendre fière telle personne de ma famille ? Est-ce que cela me plaît à moi, est-ce que cela me fait du bien, me détend et me rend heureux.se ? Libéré.e du tumulte d’activités quotidiennes qui nous éparpillent, l’ennui nous offre une temporalité ralentie, dans laquelle nous pouvons alors goûter l’immensité de l’instant présent. Peut-être avec une certaine appréhension dans les premiers temps, mais cela est bien souvent lié à la culpabilité d’exister pour soi, indépendamment des autres.

On se rend ainsi compte que l’on en revient à cette notion de lien aux autres et en particulier de co-dépendance autoentretenue. On s’imagine que notre bien-être dépend de notre lien aux autre et par conséquent nous alimentons cette dépendance au quotidien : en se privant soi-même, et les autres par la même occasion (mais s’ils l’acceptent, c’est leur responsabilité !) de sa propre liberté. Mais d’où vient cette croyance ancrée si fortement en nous-même ?

Il est vrai que nous naissons dans un état d’immaturité qui nous rend complètement dépendants de notre environnement dans les touts premiers temps de notre existence. Le nourrisson a donc en lui une pulsion d’autoconservation qui le pousse à rester proche de la personne qui est nécessaire à sa survie, par tous les moyens. Cependant, au fil du temps et de son évolution, il gagne en liberté de mouvements et de pensées. Et il serait sain de l’accompagner vers cette autonomie en confiance, en lui permettant de découvrir sa propre subjectivité, indépendamment des conditionnements et croyances de la société qui l’accueille. Mais aussi en sécurité dans sa relation à lui-même, sans la présence ou l’intervention systématiques de ses proches.

Pouvoir être seul en présence de l’autre, s’affranchir des désirs de l’autre pour cultiver l’épanouissement en soi-même sont les piliers d’un sentiment de sécurité interne et donc de confiance en soi.

Et heureusement ceci peut s’acquérir à n’importe quel âge de la vie ! En prendre conscience permet de se recentrer en soi et de se libérer de nos précédents schémas de pensée. Oui, vous avez le droit de prendre ce temps pour vous. Non, cela ne sera pas délétère pour vos proches. Au contraire : vous reviendrez plus serein.e, joyeux.se et donc plus disponible. Le temps que vous passerez ensemble sera de meilleure qualité et vous aurez d’avantage de choses à partager. Alors n’oubliez pas :

le temps que vous vous accordez est de l’amour que vous vous offrez et qui rayonnera sur votre entourage.